Histoire

Lorsque les ondes électromagnétiques furent maîtrisées par l’être humain, des scientifiques se lancèrent dans des recherches concernant leurs effets sur la santé humaine. En France dans les années 1930, Georges Lakhovsky développa un « oscillateur à ondes multiples » et l’utilisa pour guérir le cancer – un développement qui a été particulièrement bien documenté.  Guglielmo Marconi, un des contributeurs les plus connus au développement des radiocommunication, se soignait avec des exposition à des ondes courtes. A la même époque, Wilhelm Reich mettait au point une thérapie du cancer consistant essentiellement à placer le patient dans une cage de Faraday, ce qui l’isolait des ondes électromagnétiques, et Royal Raymond Rife expérimentait des techniques de guérison basées sur une exposition à une onde relativement complexe.

Georges Lakhovsky avec son oscillateur à ondes multiples

Georges Lakhovsky avec son oscillateur à ondes multiples

Toutefois, ces remarquables innovations s’inséraient dans un cadre défavorable. Suite à des rapports commandés par Louis XVI en 1784, l’académie de médecine (contre l’avis d’une grande partie de ses membres ainsi que d’illustres contemporains comme Lafayette, et malgré les contre-rapports d’Antoine-Laurent de Jussieu et Charles Deslon) avait exigé que ses membres formés au magnétisme animal signent un acte d’abjuration. Cette conversion forcée d’une partie du corps médical, reconduite ensuite par le rapport Dubois de 1837 et une décision de 1842, allait sceller dans le marbre le divorce entre la science « officielle » et l’ensemble des connaissances et pratiques liées au magnétisme animal. L’attitude du monde scientifique allait passer d’une étude prudente mais objective du magnétisme animal à un rejet dogmatique. Lorsque les ondes électromagnétiques artificielles furent (partiellement) maîtrisées sur le plan technique, le rejet du magnétisme animal fut assez naturellement étendu à l’interaction du vivant avec ces ondes. Les résultats de Lakhovsky, malgré leur remarquable reproductibilité, ne permirent ni de résoudre le conflit ni d’ouvrir une nouvelle discipline scientifique. Les résultats d’autres chercheurs comme Wilhelm Reich ou Royal R. Rife, affectés par des problèmes de reproductibilité, parfois accompagnés d’un discours inadéquat, furent rejetés avec plus de vigueur encore. Après la deuxième guerre mondiale, la médecine électromagnétique tomba dans un discrédit total.

La cage de Faraday "approximative" de Wilhelm Reich, appelée par lui "accumulateur d'orgone".

Wilhelm Reich et sa cage de Faraday « approximative », appelée par lui « accumulateur d’orgone ».

A la décharge de nos académiciens et du monde scientifique en général, il faut reconnaître que le rejet du magnétisme animal a probablement été productif. Il a éloigné les scientifiques d’une question excessivement complexe et controversée. Ce qui a permis aux hommes de science de se concentrer sur des problèmes plus concrets, avec un succès remarquable. Les principes de base de l’électromagnétisme furent énoncés par Maxwell en 1864, ceux de la relativité furent énoncés par A. Einstein en 1905 (relativité restreinte) et 1915 (relativité générale). Les principes de base de la physique quantique furent posés pour l’essentiel entre 1923 et 1930 (De Broglie, Schrödinger, Heisenberg, ….). En 1930 le cadre conceptuel de la physique moderne était pour l’essentiel posé. Mais l’extension du rejet à l’interaction du vivant avec les ondes électromagnétiques artificielles aurait été évitable: en effet cette interaction ne posait pas les mêmes difficultés que le magnétisme animal, et se prêtait bien à l’étude scientifique.

Antoine Priore et Raymond Pautrizel sous la « machine de Priore »

Dans la continuité des développements de Lakhovsky, Reich et Rife, mais avec d’avantage de rigueur dans l’expérimentation, une innovation remarquable apparut en France dans les années 1960: la « machine de Priore ». Des scientifiques clairvoyants et honnêtes tels Raymond Pautrizel consacrèrent une partie de leur vie à en valider le fonctionnement, obtenant des résultats parfaitement reproductibles, et identifiant correctement le système immunitaire comme étant la « cible » des ondes électromagnétiques. Malgré ces résultats hautement probants, malgré des investissements lourds et l’implication de scientifiques reconnus et respectés, la hiérarchie scientifique refusera finalement de modifier le dogme, qui sera réaffirmé par le refus de la thèse de Priore et la fermeture de l’unité 89 de l’INSERM.

Dans les années 1970, l’Union Soviétique fit de sérieux progrès dans la connaissance des effets biologiques de l’émission d’ondes électromagnétiques. En 1971 Dronov et Kiritseva identifièrent des perturbations du système immunitaire provoquées par des ondes électromagnétiques à faible puissance. Ces résultats furent précisés en 1975 par les travaux de Vinogradov et Dumansky qui travaillaient à 2450 MHz et 0,5 W/m2, nettement en-dessous des normes d’exposition actuelles en Europe. Ils expliquent que les normes appliquées en Russie aient été plus restrictives qu’en Europe ou aux Etats-Unis.

Parallèlement, en 1973 Smolenskaya et Vilenskaya initiaient des recherches sur les effets biologiques des ondes électromagnétiques dans la bande millimétrique, qui allaient être développées continument depuis cette époque et sont à l’origine de la thérapie par ondes millimétriques aujourd’hui pratiquée assez couramment en Russie. En marge de ces développements, dans le domaine des ondes centimétriques Fesenko montra en 1999 un effet sur le cancer basé sur le même type d’interaction que l’effet « Priore ».

Aux Etats-Unis, en particulier sous l’impulsion de W.R. Adey, la recherche progressait également, avec l’identification des fenêtres de puissance de certains effets biologiques, puis dans les années 1980 la découverte de la perturbation par les ondes électromagnétiques de la reconnaissance des cellules cancéreuses par les lymphocytes.  Parallèlement, les communications Hertziennes se développaient. Mais ce n’est qu’après la généralisation de la téléphonie mobile dans les années 1990 que l’opposition à l’exposition aux ondes électromagnétiques se développa dans la population, notamment du fait des multiples symptômes décrits par les personnes vivant à proximité des stations de base de téléphonie mobile.

La croyance du courant scientifique majoritaire était toutefois restée conforme à l’acte d’abjuration de 1784 et à son extension aux ondes électromagnétiques artificielles:  les radiofréquences à basse puissance ne pouvaient avoir aucun effet sur la santé humaine.   Cette certitude était  plus forte que les résultats expérimentaux qui pourtant la contredisaient de manière de plus en plus flagrante. Elle était d’autant plus forte que l’industrie des télécommunication était devenue une puissance financière qui craignait les conséquences sur ses activités de possibles progrès scientifiques et qui parvenait souvent à influencer les instances officielles et les moyens de communication dans un sens considéré comme favorable à ses activités; et que le grand public était chaque jour plus accoutumé et plus dépendant vis-à-vis de la téléphonie mobile.

Avec le temps, cette certitude était devenue une « Doctrine de l’Innocuité des Ondes Electromagnétiques », avec l’apparence extérieure d’une approche scientifique solide et irréfutable. Pour comprendre la physique fondamentale qui sous-tend la présente controverse entre la Doctrine de l’Innocuité des Ondes et l’approche basée sur les Transitions Stimulées par les Ondes Electromagnétiques, sur laquelle est basé ce site web, vous pouvez télécharger le document suivant:

La Doctrine de l’Innocuité des Ondes Electromagnétiques, comparée aux Transitions Stimulées par les Ondes Electromagnétiques.

W. Ross Adey, dont l’équipe à l’université de Californie expérimenta entre autres l’inactivation des lymphocytes par les ondes électromagnétiques.

Toutefois, malgré le dogmatisme ambiant, il exista toujours une minorité de scientifiques défendant une attitude rationnelle conforme au véritable esprit du Siècle des Lumières : observer, obtenir des données expérimentales reproductibles, accepter le fait que ces données reproductibles sont correctes bien que non expliquées, sachant que ce n’est qu’à partir de ce point que des explications pourraient être trouvées. Un autre groupe de scientifiques, peut-être la majorité de ceux directement impliqués, concluait presque systématiquement chaque publication par une phrase du type « globalement, nous n’avons pas observé d’effets négatifs des ondes électromagnétiques », mais rapportait néanmoins avec fidélité les résultats obtenus. Ces conclusions vagues rendirent difficile l’identification postérieure de ces articles, néanmoins ce second groupe de scientifiques a produit de nombreux résultats expérimentaux exploitables. Les deux groupes ont contribué à l’avancement de la science et l’avancée scientifique sur laquelle est basé ce site web n’aurait pas été possible sans eux.

Bien que les effets des ondes électromagnétiques à faible puissance sur des systèmes biologiques soient bien documentés sur le plan expérimental, jusqu’à récemment ils n’étaient pas compris. La raison en est qu’un aspect fondamental avait été ignoré: la plupart de ces effets sont dus à la stimulation par des ondes électromagnétiques de transitions entre différentes conformations de protéines ou d’autres sous-systèmes biologiques. Ces transitions sont analogues aux transitions entre deux états d’une molécule dans un Maser (Laser Micro-ondes). Elles répondent aux lois de la physique quantique, qui est la branche de la physique applicable aux atomes et molécules. Des conformations différentes d’une protéine ont des fonctionnalités biologiques différentes, donc les transitions stimulées entre conformations se traduisent par diverses perturbations.

Ce site web été réalisé suite à l’avancée scientifique constituée par l’identification du mécanisme de base de l’interaction des ondes électromagnétiques avec les systèmes biologiques, et tout particulièrement avec le système immunitaire. Son objectif est de permettre aux personnes intéressées de comprendre la nature  et les conséquences des principaux effets identifiés des ondes à faible puissance, c’est-à-dire à des puissances auxquelles le public est soumis de manière habituelle. Il ne donne pas toutes les réponses aux questions que soulève l’interaction des ondes électromagnétiques avec les systèmes biologiques, mais il en donne suffisamment pour que tout scientifique raisonnable comprenne que cette interaction est d’une part une réalité, et d’autre part un mécanisme explicable dans le cadre de la physique conventionnelle.